{"id":6134,"date":"2020-10-03T18:12:31","date_gmt":"2020-10-03T18:12:31","guid":{"rendered":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/?p=6134"},"modified":"2020-09-26T20:37:53","modified_gmt":"2020-09-26T20:37:53","slug":"la-scene-de-rencontre-dans-le-rouge-et-le-noir-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/2020\/10\/03\/la-scene-de-rencontre-dans-le-rouge-et-le-noir-2\/","title":{"rendered":"La Sc\u00e8ne De Rencontre Dans Le Rouge Et Le Noir"},"content":{"rendered":"<p>Il est des soirs o\u00f9 un carton rouge nest que le bouquet final dune prestation savamment th\u00e9\u00e2tralis\u00e9e. Felipe Melo en a \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin principal lors de sa seule participation \u00e0 la Coupe du monde, en 2010. Bless\u00e9 lors du huiti\u00e8me de finale contre le Chili, le milieu d\u00e9fensif br\u00e9silien refait surface lors du tour suivant contre les Pays-Bas. Acte I : il entame parfaitement la rencontre en d\u00e9livrant un caviar sur louverture du score de Robinho. Acte II : emport\u00e9 par son destin, laboyeur de la Juventus va compl\u00e8tement plonger. Dabord sur un centre de Sneijder, quil prolonge du cr\u00e2ne dans son propre but, puis peu apr\u00e8s lheure de jeu, quand il laisse le num\u00e9ro dix batave doubler la mise de la t\u00eate \u00e0 la suite dun corner. Cen est trop pour Melo, qui \u00e9crabouille un Robben beaucoup trop remuant pour lui, avant d\u00eatre rappel\u00e9 \u00e0 la raison par De Jong cest dire!, et de sortir la t\u00eate basse, d\u00e9pit\u00e9 par cette \u00e9limination in\u00e9luctable. Ce quil ne sait pas encore, cest que ce carton rouge vient de sceller sa carri\u00e8re internationale Rideau. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/0\/66\/82\/09\/201309\/ob_fafd4ad24cfc1cff75d66bcdc8016cee_pouillot-veloce-2421x.jpg\" alt=\"la sc\u00e8ne de rencontre dans le rouge et le noir\" align=\"left\"> toute la gaiet\u00e9 folle dune jeune \ufb01lle, elle se moquait delle-m\u00eame et ne pouvait se \ufb01gurer tout son bonheur. Quoi, c\u00e9tait l\u00e0  Dapr\u00e8s je ne sais quelle id\u00e9e prise dans quelque r\u00e9cit de la bonne soci\u00e9t\u00e9, telle que lavait vue le vieux chirurgien-major, d\u00e8s quon se taisait dans un lieu o\u00f9 il se trouvait avec une femme, Julien se sentait humili\u00e9, comme si ce silence e\u00fbt \u00e9t\u00e9 son tort particulier. Cette sensation \u00e9tait cent fois plus p\u00e9nible dans le t\u00eate-\u00e0-t\u00eate. Son imagination remplie des notions les plus exag\u00e9r\u00e9es, les plus espagnoles, sur ce quun homme doit dire, quand il est seul avec une femme, ne lui offrait dans son trouble que des id\u00e9es inadmissibles. Son \u00e2me \u00e9tait dans les nues, et cependant il ne pouvait sortir du silence le plus humiliant. Ainsi son air s\u00e9v\u00e8re, pendant ses longues promenades avec madame de R\u00eanal et les enfants, \u00e9tait augment\u00e9 par les souffrances les plus cruelles. Il se m\u00e9prisait horriblement. Si par malheur il se for\u00e7ait \u00e0 parler, il lui arrivait de dire les choses les plus ridicules. Pour comble de mis\u00e8re, il voyait et sexag\u00e9rait son absurdit\u00e9 ; mais ce quil ne voyait pas, c\u00e9tait lexpression de ses yeux ; ils \u00e9taient si beaux et annon\u00e7aient une \u00e2me si ardente, que, semblables aux bons acteurs, ils donnaient quelquefois un sens charmant \u00e0 ce qui nen avait pas. Madame de R\u00eanal remarqua que, seul avec elle, il narrivait jamais \u00e0 dire quelque chose de bien que lorsque, distrait par quelque \u00e9v\u00e8nement impr\u00e9vu, il ne songeait pas \u00e0 bien tourner un compliment. Comme les amis de la maison ne la g\u00e2taient pas en lui pr\u00e9sentant des id\u00e9es nouvelles et brillantes, elle jouissait avec d\u00e9lices des \u00e9clairs desprit de Julien&#8230;.Si sa remarque va sans doute beaucoup plus loin quelle-m\u00eame ne le pense, la reine dauphine, redisons-le, nen a pas moins fait preuve Elisa, la femme de chambre de Mme de R\u00eanal, navait pas manqu\u00e9 de devenir amoureuse du jeune pr\u00e9cepteur ; elle en parlait souvent \u00e0 sa ma\u00eetresse. Lamour de Mlle Elisa avait valu \u00e0 Julien la haine dun des valets. Un jour, il entendit cet homme qui disait \u00e0 Elisa : Vous ne voulez plus me parler depuis que ce pr\u00e9cepteur crasseux est entr\u00e9 dans la maison. Julien ne m\u00e9ritait pas cette injure ; mais, par instinct de joli gar\u00e7on, il redoubla de soins pour sa personne. La haine de M. Valenod redoubla aussi. Il dit publiquement que tant de coquetterie ne convenait pas \u00e0 un jeune abb\u00e9. Julien se trouvait peu digne de tant de d\u00e9vouement, \u00e0 vrai dire il \u00e9tait fatigu\u00e9 dh\u00e9ro\u00efsme. Ce\u00fbt \u00e9t\u00e9 \u00e0 une tendresse simple, na\u00efve et presque timide, quil se f\u00fbt trouv\u00e9 sensible, tandis quau contraire, il fallait toujours lid\u00e9e dun public et des autres \u00e0 l\u00e2me hautaine de Mathilde. Apr\u00e8s avoir lu sans plaisir dabord les longues lettres de Julien, madame de Fervaques commen\u00e7ait \u00e0 en \u00eatre occup\u00e9e ; mais une chose la d\u00e9solait : Quel dommage que M. Sorel ne soit pas d\u00e9cid\u00e9ment pr\u00eatre! On pourrait ladmettre \u00e0 une sorte dintimit\u00e9 ; avec cette croix et cet habit presque bourgeois, on est expos\u00e9 \u00e0 des questions cruelles, et que r\u00e9pondre? Elle nachevait pas sa pens\u00e9e : Quelque amie maligne peut supposer et m\u00eame r\u00e9pandre que cest un petit cousin subalterne, parent de mon p\u00e8re, quelque marchand d\u00e9cor\u00e9 par la garde nationale. Julien savait la place qui, dapr\u00e8s la disposition des lumi\u00e8res, convenait au genre de beaut\u00e9 de madme de Fervaques. Il sy trouvait davance, mais avait grand soin de tourner sa chaise de fa\u00e7on \u00e0 ne pas apercevoir Mathilde. \u00c9tonn\u00e9e de cette constance \u00e0 se cacher delle, un jour elle quitta le canap\u00e9 bleu et vint travailler aupr\u00e8s dune petite table voisine du fauteuil de la mar\u00e9chale. Julien la voyait dassez pr\u00e8s par-dessous le chapeau de madame de Fervaques. Ces yeux, qui disposaient de son sort, leffray\u00e8rent dabord, ensuite le jet\u00e8rent violemment hors de son apathie habituelle ; il parla et fort bien. Comment! s\u00e9cria M. De R\u00eanal indign\u00e9, nous sommes daccord depuis hier : je donne trois cents francs ; je crois que cest beaucoup, et peut-\u00eatre trop. Maire ; il sagissait de contribuer \u00e0 la fortune dun lib\u00e9ral, en  <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/docplayer.fr\/docs-images\/41\/9248890\/images\/page_8.jpg\" alt=\"la sc\u00e8ne de rencontre dans le rouge et le noir\" align=\"left\"> La cloche du d\u00e9jeuner eut grandpeine \u00e0 l\u00e9veiller, il parut \u00e0 la salle \u00e0 manger. Bient\u00f4t apr\u00e8s Mathilde y entra. Lorgueil de Julien eut un moment bien heureux en voyant lamour qui \u00e9clatait dans les yeux de cette personne si belle et environn\u00e9e de tant dhommages ; mais bient\u00f4t sa prudence eut lieu d\u00eatre effray\u00e9e. A ce mot, Mme de R\u00eanal se sentit saisie dun froid mortel ; elle \u00e9tait malheureuse par sa vertu, et plus malheureuse encore par sa faiblesse. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.fleuryauto.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/slide-carrosserie.jpg\" alt=\"la sc\u00e8ne de rencontre dans le rouge et le noir\" align=\"right\"> Que fais-je, grand Dieu! se dit Julien revenant \u00e0 lui tout \u00e0 coup. Je me perds. De larm\u00e9e de la Loire qui vient d\u00eatre employ\u00e9 dans la Et il se sentit d\u00e9livr\u00e9 dune partie de son malheur. Je suis un l\u00e2che en ce moment, se r\u00e9p\u00e9tait-il en chantant, mais personne ne le saura. .<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>la sc\u00e8ne de rencontre dans le rouge et le noir<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6134"}],"collection":[{"href":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6134"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6134\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6135,"href":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6134\/revisions\/6135"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6134"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6134"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/jdfx.co.nz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6134"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}