Il est des soirs où un carton rouge nest que le bouquet final dune prestation savamment théâtralisée. Felipe Melo en a été le témoin principal lors de sa seule participation à la Coupe du monde, en 2010. Blessé lors du huitième de finale contre le Chili, le milieu défensif brésilien refait surface lors du tour suivant contre les Pays-Bas. Acte I : il entame parfaitement la rencontre en délivrant un caviar sur louverture du score de Robinho. Acte II : emporté par son destin, laboyeur de la Juventus va complètement plonger. Dabord sur un centre de Sneijder, quil prolonge du crâne dans son propre but, puis peu après lheure de jeu, quand il laisse le numéro dix batave doubler la mise de la tête à la suite dun corner. Cen est trop pour Melo, qui écrabouille un Robben beaucoup trop remuant pour lui, avant dêtre rappelé à la raison par De Jong cest dire!, et de sortir la tête basse, dépité par cette élimination inéluctable. Ce quil ne sait pas encore, cest que ce carton rouge vient de sceller sa carrière internationale Rideau.
toute la gaieté folle dune jeune fille, elle se moquait delle-même et ne pouvait se figurer tout son bonheur. Quoi, cétait là Daprès je ne sais quelle idée prise dans quelque récit de la bonne société, telle que lavait vue le vieux chirurgien-major, dès quon se taisait dans un lieu où il se trouvait avec une femme, Julien se sentait humilié, comme si ce silence eût été son tort particulier. Cette sensation était cent fois plus pénible dans le tête-à-tête. Son imagination remplie des notions les plus exagérées, les plus espagnoles, sur ce quun homme doit dire, quand il est seul avec une femme, ne lui offrait dans son trouble que des idées inadmissibles. Son âme était dans les nues, et cependant il ne pouvait sortir du silence le plus humiliant. Ainsi son air sévère, pendant ses longues promenades avec madame de Rênal et les enfants, était augmenté par les souffrances les plus cruelles. Il se méprisait horriblement. Si par malheur il se forçait à parler, il lui arrivait de dire les choses les plus ridicules. Pour comble de misère, il voyait et sexagérait son absurdité ; mais ce quil ne voyait pas, cétait lexpression de ses yeux ; ils étaient si beaux et annonçaient une âme si ardente, que, semblables aux bons acteurs, ils donnaient quelquefois un sens charmant à ce qui nen avait pas. Madame de Rênal remarqua que, seul avec elle, il narrivait jamais à dire quelque chose de bien que lorsque, distrait par quelque évènement imprévu, il ne songeait pas à bien tourner un compliment. Comme les amis de la maison ne la gâtaient pas en lui présentant des idées nouvelles et brillantes, elle jouissait avec délices des éclairs desprit de Julien….Si sa remarque va sans doute beaucoup plus loin quelle-même ne le pense, la reine dauphine, redisons-le, nen a pas moins fait preuve Elisa, la femme de chambre de Mme de Rênal, navait pas manqué de devenir amoureuse du jeune précepteur ; elle en parlait souvent à sa maîtresse. Lamour de Mlle Elisa avait valu à Julien la haine dun des valets. Un jour, il entendit cet homme qui disait à Elisa : Vous ne voulez plus me parler depuis que ce précepteur crasseux est entré dans la maison. Julien ne méritait pas cette injure ; mais, par instinct de joli garçon, il redoubla de soins pour sa personne. La haine de M. Valenod redoubla aussi. Il dit publiquement que tant de coquetterie ne convenait pas à un jeune abbé. Julien se trouvait peu digne de tant de dévouement, à vrai dire il était fatigué dhéroïsme. Ceût été à une tendresse simple, naïve et presque timide, quil se fût trouvé sensible, tandis quau contraire, il fallait toujours lidée dun public et des autres à lâme hautaine de Mathilde. Après avoir lu sans plaisir dabord les longues lettres de Julien, madame de Fervaques commençait à en être occupée ; mais une chose la désolait : Quel dommage que M. Sorel ne soit pas décidément prêtre! On pourrait ladmettre à une sorte dintimité ; avec cette croix et cet habit presque bourgeois, on est exposé à des questions cruelles, et que répondre? Elle nachevait pas sa pensée : Quelque amie maligne peut supposer et même répandre que cest un petit cousin subalterne, parent de mon père, quelque marchand décoré par la garde nationale. Julien savait la place qui, daprès la disposition des lumières, convenait au genre de beauté de madme de Fervaques. Il sy trouvait davance, mais avait grand soin de tourner sa chaise de façon à ne pas apercevoir Mathilde. Étonnée de cette constance à se cacher delle, un jour elle quitta le canapé bleu et vint travailler auprès dune petite table voisine du fauteuil de la maréchale. Julien la voyait dassez près par-dessous le chapeau de madame de Fervaques. Ces yeux, qui disposaient de son sort, leffrayèrent dabord, ensuite le jetèrent violemment hors de son apathie habituelle ; il parla et fort bien. Comment! sécria M. De Rênal indigné, nous sommes daccord depuis hier : je donne trois cents francs ; je crois que cest beaucoup, et peut-être trop. Maire ; il sagissait de contribuer à la fortune dun libéral, en
La cloche du déjeuner eut grandpeine à léveiller, il parut à la salle à manger. Bientôt après Mathilde y entra. Lorgueil de Julien eut un moment bien heureux en voyant lamour qui éclatait dans les yeux de cette personne si belle et environnée de tant dhommages ; mais bientôt sa prudence eut lieu dêtre effrayée. A ce mot, Mme de Rênal se sentit saisie dun froid mortel ; elle était malheureuse par sa vertu, et plus malheureuse encore par sa faiblesse.
Que fais-je, grand Dieu! se dit Julien revenant à lui tout à coup. Je me perds. De larmée de la Loire qui vient dêtre employé dans la Et il se sentit délivré dune partie de son malheur. Je suis un lâche en ce moment, se répétait-il en chantant, mais personne ne le saura. .